LE TDA AVEC OU SANS H EN 11 QUESTIONS!

Un crayon qui tombe, une tâche sur un mur, une conversation entre deux personnes,…les motifs de distractions sont tellement nombreux pour la personne présentant un trouble de l’attention! 5 à 10 % des personnes seraient concernées par le Trouble Dysfonctionnel de l’Attention. Aujourd’hui, nous connaissons mieux ce trouble même si parfois certaines informations s’opposent. Des articles et reportages paraissent régulièrement, les enseignants et les parents sont sensibilisés aux difficultés d’apprentissages et y sont donc plus attentifs. Toutefois, précaution, tous les problèmes de concentration et tous les problèmes de comportement ne sont pas liés à un trouble de l’attention!

Portons donc l’attention sur l’attention !

QUESTION 1- ATTENTION ET CONCENTRATION? DEFICIT OU DYSFONCTION?

Pour mieux comprendre le TDA/H il est important d’éclaircir ce qu’est l’attention ou la concentration, un déficit ou une dysfonction.

Le Dr Louis Véra, pédopsychiatre spécialisé sur ce sujet indique qu’il est plus juste de parler de « dysfonction » de l’attention plutôt que de « déficit » car en effet, les personnes ayant un TDA sont tout de même en mesure de porter leur attention dans certaines situations.

La concentration est un phénomène volontaire. L’attention quant à elle, est le filtre qui va permettre d’être concentré sur une seule tâche à la fois. Ce filtre reçois les informations du monde extérieur (de nature auditive ou visuelle, ,…) puis réalise un tri. Si cette information n’a pas trait à la tâche que nous devons réaliser, elle est écartée par le filtre attentionnel. Par exemple, si vous lisez un livre et soudain, votre enfant fait tomber à côté de vous un stylo qu’il s’empresse de ramasser, sans trouble spécifique de l’attention, vous percevez le bruit mais êtes en mesure de poursuivre votre lecture.

Chez la personne ayant un TDA, les distractions ne sont pas toujours écartées. En effet, le filtre va fonctionner à intervalle irrégulier et joue donc plutôt le rôle de passoire. Résultat, vous lisez un livre et ce bruit soudain va vous amener à porter votre attention sur ce que fait votre enfant, observer autre chose dans la pièce qui vous fait penser que vous avez oublié d’envoyer un mail important à votre collègue, puis qu’il serait bon de prévoir d’acheter quelques légumes pour préparer une soupe et tout cela le livre à la main….bref vous l’aurez compris, difficile de poursuivre la lecture!

Pour rester focalisé sur une tâche il faut que ce filtre attentionnel soit opérant. Pour se concentrer, il faut donc non seulement, le décider, mais aussi être aidé par l’attention qui fonctionne en dehors du contrôle volontaire de la personne.

Toutefois, certains facteurs vont bien évidemment aider les personnes ayant un TDA a rester concentrés sur une tâche en cours. L’attention peut être stimulée par:

– Le stress. En effet, si la tâche en cours est importante il y aura stimulation de l’attention. Ceci explique pourquoi fréquemment ces enfants repoussent la tâche.

– La nouveauté– L’intérêt proposé va stimuler l’attention.

– La tâche ludique et non monotone va également être stimulante.

– Le travail ou jeu sur écran va favoriser l’attention, toutefois « attention » car l’attention étant dans ce cas tellement stimulé que les personnes se fatiguent fortement.

QUESTION 2- POURQUOI LES ENFANTS ET JEUNES AYANT UN TDA/H ONT UN FILTRE ATTENTIONNEL DYSFONCTIONNANT?

Un des éléments d’explication serait la fatigue! Ses enfants et jeunes sont programmés pour réaliser plusieurs choses à la fois. Ils ont une préférence pour le multi-tâches. En fonction des stimuli de l’environnement ils vont aller d’une tâche à une autre. Le fait de ce centrer sur une seule tâche leur coûte beaucoup d’énergie et génère donc de la fatigue.

QUESTION 3- LE CERVEAU DES TDA/H A T’IL DES PARTICULARITES?

Le TDAH est un trouble neurodéveloppemental soit un dysfonctionnement neurobiologique à l’origine de ce trouble. Le Dr Louis Véra, pédopsychiatre parle de retard de maturation cérébral chez les enfants ou adolescents concernés et invite à ne pas parler « d’immaturité ». De nombreuses études en imagerie fonctionnelle mettent en évidence des « différences de morphologie et de fonctionnement entre le cerveau de la personne atteinte de TDAH et celui de la personne qui ne présente pas de trouble ». Nous n’en sommes probablement qu’au début des découvertes!

QUESTION 4- QUELS SONT LES SYMPTÔMES DU TDAH?

Nous pouvons retrouver dans les troubles de l’attention les symptômes suivants:

– Un défaut d’attention soit une attention variable d’une personne à une autre et dépendant de plusieurs facteurs.

– De l’agitation, variable également d’une personne à une autre et pouvant même être absente. C’est pour cela que l’on parle de TDA avec ou sans hyperactivité.

-De l’impulsivité soit l’action dans la précipitation. Les personnes vont avoir tendance à agir avant de réfléchir.

Nous pouvons ajouter un quatrième symptôme, les difficultés d’organisation. Il s’agit de difficultés extrêmement fréquentes. Elles sont notamment liées aux troubles des fonctions exécutives. Les fonctions exécutives sont en quelque sorte le chef d’orchestre du cerveau. Elles donnent le tempo, surveillent le bon déroulement de la tâche, permettent de s’adapter rapidement à l’environnement. Ainsi les personnes ayant un TDA/H peuvent avoir du mal à se projeter dans le temps, à apprivoiser leurs émotions, à utiliser efficacement leur mémoire.

QUESTION 5- EXISTE-T-IL DONC PLUSIEURS FORMES DE TDA?

Oui des experts évoquent 3 formes de TDA. Nous pouvons retrouver, l’inattentif soit le « doux rêveur, la tête dans les nuages, un peu lent, un peu gaffeur », le mixte « le rêveur agité », l’agité « l’agité impulsif ». Alors bien évidemment, cela sème la confusion car certains présentent un trouble de l’attention avec prédominances inattentives et d’autres à prédominances agitées.

QUESTION 6- FINALEMENT N’AVONS PAS TOUS UN TDA/H?

Il est certain qu’en cas de fatigue, de dépression, de période d’angoisse ou d’insomnie, nous pouvons constater la présence de signes de TDAH, toutefois, de manière transitoire. La durée pendant laquelle ces symptômes sont présents est donc un facteur primordial dans le diagnostic. Il est souvent évoqué l’importance de retrouver plusieurs symptômes sur une durée de 6 mois et se manifestant dans plusieurs circonstances (à la maison, à la garderie, à l’école, au travail) et à un degré qui ne correspond pas au niveau de développement de l’enfant. Certains de ces symptômes doivent avoir été présents avant l’âge de 7 ans.

QUESTION 7- A PARTIR DE QUEL ÂGE PEUT ON PARLER DE TDAH?

Il est difficile de donner un âge moyen de début du trouble. Souvent le diagnostic est posé plus tôt chez les enfants présentant agitation ou impulsion que chez l’enfant présentant uniquement une inattention. Cela est très probablement lié au fait qu’agitation et impulsion sont des manifestations qui impactent plus difficilement le quotidien, la vie familiale, sociale, scolaire et qui amène donc à consulter plus tôt des professionnels de santé et de l’accompagnement.

QUESTION 8- LE TDAH PERSISTE T’IL CHEZ LES ADULTES?

Le TDAH persiste chez une large proportion d’adultes et comme les enfants et jeunes ils vont compenser le trouble avec des aménagements plus ou moins efficaces. Le trouble persiste et le plus souvent, à l’adolescence son retentissement peut d’ailleurs s’aggraver puisqu’on leur demande d’être pleinement capables de s’organiser. Dans le cadre d’un TDA, le trouble ne se guérit pas, en revanche il se compense de mieux en mieux par une meilleure connaissance de soi et la découverte de « stratégies » adaptées. Toutefois, les experts ne s’accordent pas toujours sur le sujet.

QUESTION 9- QU’EST CE QUI EXPLIQUERAIT LE FAIT QUE CERTAINS SONT CONCERNES PAR L’AGITATION?

L’agitation serait une façon de réveiller le cerveau! Lorsque l’on parle d’agitation, cela peut-être variable. Cela peut passer par le rongement d’ongles qui va aider à se concentrer, au besoin de courir partout, de grimper, d’escalader. Cette agitation ou activation permet à l’enfant de rester concentré sur la tâche, de rester éveillé. Une façon probable que le cerveau trouve pour s’adapter! Souvent l’agitation est surtout une manifestation dérangeante pour l’entourage.

QUESTION 10- ET L’IMPULSIVITE…COMMENT SE MANIFESTE T-ELLE? S’AGIT-IL D’UN TROUBLE DU COMPORTEMENT?

Impatience, énervement, phrases terminées pour l’autre, parole coupée, avoir du mal à s’arrêter… Pour quelle raison? Généralement car pour la personne avec un TDAH, cela ne va pas assez vite! L’impulsivité est une tendance à faire trop vite, à agir avant de réfléchir.

On va retrouver plusieurs manifestations de l’impulsivité. Celle qui gêne le plus, lorsque la personne ne supporte pas la frustration. Il y a également l’impulsivité cognitive. La personne qui entend le début de phrase et termine la fin dans sa tête, qui lit un ou deux mots de la consigne et ça y est pense avoir compris la consigne pour commencer a répondre rapidement aux questions. Il y a également l’impulsivité alimentaire et la difficulté à apprivoiser ses émotions. Certains experts expliquent l’impulsivité chez le TDA comme un moyen de compenser la difficulté à rester concentré longtemps. Par exemple, l’enfant sachant (insconsciemment) qu’il ne peut pas rester appliqué pendant des périodes très longues va intuitivement travailler plus vite. Finalement impulsivité et agitation peuvent être vues comme des phénomènes adaptatifs mis en place par le cerveau.

Toutefois, nous sommes pas là du côté des « troubles du comportement », qui là devrait s’accompagner autrement.

QUESTION 11- COMMENT ACCOMPAGNER LES TROUBLES DE L’ATTENTION AVEC OU SANS HYPERACTIVITE?

Le Dr Vela indique dans ces publications que le TDA ne se « rééduque pas mais que toutefois, le cerveau refait parfois quelques connexions pour faciliter le quotidien ». Chaque trouble associé au TDAH doit avoir une prise en charge spécifique bien au delà d’une éventuelle médication car souvent d’autres troubles sont associés. Parmi les pistes à prendre considération: Aménagements scolaires; hygiène de vie nécessaire tel que la pratique d’une activité sportive régulière, d’un bon sommeil, d’une alimentation saine et équilibrée. En France, la médication est recommandée en dernière intention si les pistes citées précédemment ont été avant tout investiguées sauf en cas d’autres troubles associées. A noter que le sujet de la médication fait l’objet de nombreux débats.

TDA avec ou sans H diagnostiqué ou non… et si vous exploriez la piste de l’intégration des réflexes primitifs/archaïques?

Pour en savoir plus sur la piste des réflexes primitifs/archaïques et le lien avec les Troubles de l’Attention avec ou sans Hyperactivité, zoom sur ces deux conférences en ligne co-animées avec Bérangère Mainguy de https://zybra.fr/

Conférence en novembre et décembre. Replay accessibles jusqu’au 31 janvier 2021:

https://www.billetweb.fr/conference-tda-la-piste-des-reflexes-archaiques
https://www.billetweb.fr/conference-bougeotte-hyperactivite-la-piste-des-reflexes-archaiques