9 QUESTIONS QUE VOUS POURRIEZ VOUS POSER SUR L’HYPERSENSIBILITÉ

On la nomme Hyper, Ultra ou Haute Sensibilité. On la définit souvent comme une sensibilité « exagérée » ou « extrême ». Son contraire étant l’apathie ou l’insensibilité.

L’être humain n’est il pas de fait un être sensible? L’enfant ne naît-il pas déjà sensible voir, hautement sensible? Où mettre le curseur entre sensibilité et HYPER sensibilité? Il y a t’il une seule façon de manifester cette caractéristique? Quels impacts dans la vie familiale, sociale, scolaire et professionnelle? Quels besoins plus spécifiques peuvent apparaître?

Zoom sur la Haute-Hyper-Ultra Sensibilité  à partir des 9 questions qui sont le plus fréquemment posées!

Question 1- L’hypersensibilité est-elle une maladie, un désordre psychique?

L’hypersensibilité est un trait de caractère exprimant une sensibilité plus élevée que la moyenne. L’hypersensibilité n’est ni une anomalie, ni une maladie, ni un désordre psychique. Il s’agit d’un tempérament, d’une façon d’être au monde. Elle ne relève pas de la psychiatrie. Tous les auteurs sont d’accord sur ce point. Il n’est pas nécessaire de la « soigner », de la « normaliser », de la « gérer » ou de s’en débarrasser.

Question 2- Qui est concerné par l’hypersensibilité?

30 % de la population est hautement sensible (PHS), soit une personne sur 3. Il existe autant d’hommes que de femmes hypersensibles. La seule différence est culturelle, elle concerne la façon de considérer et d’exprimer sa sensibilité. Tous les enfants naissent extrêmement sensibles. Leur « cerveau rationnel » se développe progressivement jusqu’à l’âge adulte, alors que leur « cerveau émotionnel » est opérationnel dès la naissance.

Question 3- Quelles sont les causes de l’hypersensibilité? Est-ce héréditaire ou cela se développe t’il durant l’enfance?

Aujourd’hui les chercheurs spécialisés sur ces questions de l’hypersensibilité évoquent la possibilité que cela soit d’origine génétique et/ou liée à l’environnement, c’est à dire liée à l’histoire de la personne depuis sa période de vie intra-utérine, à son histoire familiale sur plusieurs générations. Il est difficile de déterminer si cette sensibilité est le fruit de l’hérédité ou de l’environnement. Toutefois, en tant que consultante en intégration des réflexes archaïques/primitifs, je suis amenée a observer l’impact qu’ont certains réflexes archaïques/primitifs non intégrés, générant hyperesthésies (forte sensibilité sensorielle) et ultrasensibilité dès le plus jeune âge. Mais en quelques mots, que sont les réflexes archaïques/primitifs? Il s’agit de mouvements involontaires que l’on observe chez le nouveau-né en réponse à des stimuli spécifiques. Après leur apparition, chacun de ces réflexes a une phase d’activation plus ou moins longue, puis d’intégration. Nos réflexes forment ainsi les fondements du développement cérébral, des schèmes moteurs, de la posture, de l’épanouissement émotionnel, cognitif et de l’accès aux apprentissages. Ils sont développés pour la plupart in utero. Ils ont un impact sur le développement de l’être qui est plus ou moins soutenant selon les circonstances de la grossesse, de l’accouchement, ou des premières semaines de vie. Je vois donc en cela une piste d’accompagnement vraiment intéressante, non pas pour « soigner », « normaliser », « gérer » ou se « débarrasser » de quelque chose qui pourrait être perçu comme un problème mais pour faire de cette haute-hyper-ultra sensibilité une force, un atout, une alliée.

Question 4- Quelles sont les caractéristiques présentes chez un enfant ou un adulte hypersensible?

Les 5 caractéristiques  suivantes sont identifiables dans la Haute Sensibilité

  • Profondeur dans le traitement des informations: Analyse et confrontation de chaque information avec ses propres expériences, détection des subtilités et des nuances, sens de la précision.

  • Forte sensibilité sensorielle nommée hyperesthésie: Gênes relatives à la lumière, aux bruits, aux odeurs, aux étiquettes qui grattent,à certains mouvements, rythmes et vibrations,…

  • Forte sensibilité émotionnelle, qui se traduit de 2 façons, par des émotions très variées et intenses et par une grande empathie.

  • Intuition et créativité

  • Sensibilité avantageuse: Les PHS profitent beaucoup plus que la moyenne des bons moments de vie, des bons conseils, des encouragements. Personnes enthousiastes.

Question 5- Etre hypersensible est ce être introverti(e)?

Elaine N. Aron , psychothérapeute et chercheuse américaine en psychologie, reconnue à l’international pour ses travaux sur l’hypersensibilité indique que parmi les personnes hautement sensibles, 70 % sont introverties et seulement 30 % sont extraverties. D’autre part, qui dit hypersensible introverti(e) ne signifie pas « sensiblerie », « timidité ». Comme l’indique Charlotte Wils dans un article sur ce sujet, l’introversion est un mode de protection naturel, une nature, qui va permettre de tenir à distance les différents stimuli qui pourraient venir troubler le système nerveux, bousculer l’équilibre émotionnel. A contrario, pour l’hypersensible extraverti, l’extraversion jouera rôle de rempart, sera comme une façade qui masquera la sensibilité de l’enfant (ou l’adulte) hypersensible et laissera croire qu’il n’y a pas de précautions particulières à prendre, d’attention à avoir, de soin à prendre.

Question 6- Le cerveau des personnes dites hautement sensibles est-il différent?

Le cerveau des PHS n’est pas différent. Les différences que l’on observe concernent l’activation plus nette de certaines zones cérébrales chez les personnes hautement sensibles, comme l’insula, qui est le centre de la conscience de soi. De même, les centres de la douleur et les neurones miroirs montrent une activation plus intense, ce qui est une confirmation (non une cause) de la plus grande sensibilité à la douleur et d’une empathie plus développée.  D’après la neuroscientifique Bianca Acevedo, différentes zones du cerveau s’activent en même temps car les ultrasensibles travaillent de façon approfondie, ce qui peut d’ailleurs induire une angoisse ou une forte émotion. D’après Elke Van Hoof, le cerveau des personnes hautement sensibles est plus stimulé que celui des autres personnes, du fait d’une pensée associative, de l’attention soutenue portée aux détails, de leur créativité et de leur sollicitude.  Les dernières recherches sur le cerveau montreraient que le thalamus des hypersensibles fonctionne moins. La fonction première du thalamus est de faire un choix quant aux informations auxquelles nous prêtons attention, or, pour un grand sensible, ces informations restent trop détaillées et nombreuses, donc peu filtrées. 

Question 7- Existe t’il des tests et si oui quels éventuels intérêts à se (re)connaître ou reconnaître son enfant hautement sensible?

Elaine Aron, a mis au point des questionnaires pour permettre de repérer une éventuelle haute sensibilité chez les enfants et chez les adultes. Ces questionnaires à la disposition de tous apportent des indications, des précisions. Toutefois, comme l’indique clairement Elaine Aron, notamment pour le questionnaire relatif aux enfants, aucun test psychologique n’est suffisamment fiable pour justifier à lui seul des choix d’éducation. En effet, l’observation deviendra un outil probablement clé pour se (re)connaître ou reconnaître son enfant hautement sensible. Vous pouvez déjà prendre appui sur les cinq caractéristiques citées ci-dessus car elles apportent déjà des indications. Elaine Aron parle des quatre premières caractéristiques en indiquant que si les quatre ne sont pas constatés, il ne s’agit probablement pas de ce trait de caractère. Saverio Tomasella, psychanalyste, docteur en psychopathologie, chercheur français et auteur de nombreux livres sur l’hypersensibilité ajoute la cinquième  caractéristique sur la « sensibilité avantageuse ». Dans le cadre de mes accompagnements, je prends essentiellement appui sur ces caractéristiques ainsi que sur les tests réflexes.

Question 8- Il y a t’il un lien entre hypersensibilité et précocité? Entre hypersensibilité et trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité? Entre hypersensibilité, autisme et syndrome d’Asperger?

Oui, nous pouvons retrouver certaines ou toutes les caractéristiques de l’hypersensibilité chez les personnes dites à haut potentiel, avec TDA ou TDAH, autisme ou syndrome d’Asperger. Toutefois, précisons… Pour ce qui est du haut potentiel, des hauts potentiels peuvent ne pas être hypersensibles et des hypersensibles ne pas être hauts potentiels. Concernant le TDA/TDAH, de prime abord il y a des similitudes , si bien que certains professionnels pensent que des personnes hautement sensibles souffrent en fait d’un TDA non diagnotisqué. Elain Aron indique qu’il est possible de cumuler sensibilité et TDA mais qu’il ne s’agit pas de la même chose, à certains égards, ils sont même contradictoires. Quant à l’autisme et au syndrome d’Asperger, le seul lien qui pourrait se faire avec l’hypersensibilité serait lié à la forte sensibilité aux informations sensorielles soit aux hyperesthésies. Je ferais pour ma part également un lien entre hypersensibilité et réflexes archaïques actifs tel qu’indiqué plus haut.

Question 9- Quelles difficultés peuvent être rencontrées? Existe t’il des moyens efficaces pour apprivoiser la haute-hyper-ultra sensibilité? 

Je dirais de façon assez générale que les enfants et adultes concernés rencontrent les « défis », les besoins suivants:

  • Re)connaître et accepter toutes les facettes de ce tempérament.

  • Se mettre en mouvement pour lever les éventuels blocages cognitifs, émotionnels et corporels.

  • Identifier ses ressources, ses talents et déployer ses potentiels.

  • Se relier à ses émotions et prendre en charge ses besoins de telle façon à adapter ses choix (de relations, d’environnement, …)

  • Cultiver l’estime et la confiance en soi

  • Apprivoiser son stress, son hyperstimulation (charge mentale), son hyperesthésie, les émotions intenses et la trop forte empathie (charge affective).

Bien évidemment, chaque point mérite un article plus approfondis et plus précis, adapté aux réalités des enfants et des adultes. A noter qu’il n’existe pas un seul type uniforme d’enfants et d’adultes hypersensibles et que les « défis », besoins notés ci-dessus pourraient concerner l’individu au sens large.

Quant aux moyens, les approches tête-corps-cœur, approches intégratives, peuvent s’avérer efficaces. J’invite chacun à explorer celles qui inviteront à faire de sa haute-hyper-ultra sensibilité une force, un atout, une alliée, pour créer des possibles dans sa vie familiale, sociale, scolaire et professionnelle.

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2 réponses sur “9 QUESTIONS QUE VOUS POURRIEZ VOUS POSER SUR L’HYPERSENSIBILITÉ”

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